Je me promène dans le parc, près de chez moi. Le soleil caresse l'herbe qui danse sous un vent chaud d'été.
J'entends des rires, j'entends des enfants qui jouent.
Dans le ciel, j'apperçois des ballons de baudruche qui s'envolent.
Les oiseaux chantent, les feuilles des arbres fredonnent, les cygnes du lac dessinent des ondines dans l'eau. D'autres enfants, une pierre à la main, les imitent et lancent la pierre qui marquent un millier de ronds dans l'eau...
Cela sent les vacances, une bonne odeur de paisibilité, une atmosphère magique, dans les heures pourpres d'un soir de juin où le soleil tarde un peu plus sur l'horizon...En rentrant chez moi je croise une petite fille, qui me dit "Ma Maman à Moi, elle a décidé de s'en aller, elle a dit qu'un jour je la rejoindrai, parce qu'ici rien ne vaut plus la peine..." Je ne la crois pas, rien ne peux remplacer l'existence, et tout sera toujours merveilleux, tant que le soleil tournera et que le vent chantera, tant que l'eau coulera, tout sera la plus belle des symphonie...
Dix ans plus tard je retourne au parc, près chez moi. I
l n'y a pas de soleil, les nuages de fumées que dég]a
gent les usines masquent le ciel de leur opacité. Le vent s'est éteint, la pollution l'empêche de passer.
J'entends des cris, des adolescents qui s'insultent et s'agressent.
Dans le ciel, je ne vois plus rien...
Les oiseaux sont morts, effondrés dans la rigole des rues de ma ville, les feuilles des arbres tombent avant que vienne l'automne, par peur d'avoir trop mal, les cygnes du lac sont partis sous les menaces des délinquants en manque de violence. D'autres enfants, une pierre à la main, les imitent et rentrent chez eux, attendre leur parents qui travaillent pour nourrir la famille, et s'endormir devant un jeu vidéo interdit aux moins de seize ans.
Cela sent l'évolution, une mauvaise odeur de dérangement, une atmosphère lourde, dans les heures noires d'une nuit de novembre où le soleil se hâte de tourner de l'autre côté de la Terre...
En rentrant chez moi je croise une jeune fille, qui me dit "J'ai avorté de l'enfant que je portais, car ma Maman m'avait dit qu'un jour, je la rejoindrai, parce que rien ne vaudrait plus la peine. J'ai refusé de mettre au monde quelqu'un qui aurait dû subir l'erreur de Dieu quand il a créé l'Homme, et qui aurait eu pour devoir de me rejoindre...Je m'en vais retrouver ma Maman à Moi." Et je la crois, parce que le soleil tourne, mais on ne le voit plus, le vent chante, mais toujours ailleurs, l'eau coule, puis stagne dans notre lac, le pianiste achève la plus belle des symphonies...